Depuis plus d’un siècle, la Société d’Histoire littéraire de la France rassemble une élite de spécialistes de la littérature française ; elle a été reconnue d’utilité publique et peut recevoir à ce titre dons et legs ; ses travaux portent sur l’ensemble de la production en langue française, à l’exception du Moyen Âge. Depuis l’origine, ses membres sont cooptés ; ils sont simplement tenus de souscrire et de renouveler chaque année un abonnement à la Revue d’Histoire littéraire de la France. On trouvera en pages 2 et 4 de couverture de cette publication ainsi que sur le présent site la composition des divers organes de la SHLF. Elle est gouvernée par un Conseil d’administration élu par tous les membres, qui choisit les nouveaux membres et les responsables des activités de la Société. Parmi ces activités, l’organisation de colloques, de conférences, de débats, et surtout la publication de la célèbre RHLF sont ses principaux objectifs.
Fondée en 1894, la Revue d’Histoire littéraire de la France publie actuellement quatre numéros d’environ 250 pages chaque année, ainsi qu’un volume de Bibliographie préparé en collaboration avec la Bibliothèque nationale de France. Elle couvre l’ensemble des littératures en langue française du XVIe au XXIe siècles ; chaque nméro comporte des articles, des notes et documents, des informations et de nombreux comptes rendus (développés) et notes de lecture (brèves présentations), ainsi qu’une liste des livres envoyés à la Revue. Propriété de la Société d’Histoire littéraire de la France, elle est publiée actuellement par les Presses Universitaires de France. Elle est principalement diffusée par abonnement ; les réabonnements, qui sont très stables, s'élèvent à 1 700 environ.
Le nombre de lecteurs est évidemmment, et heureusement, beaucoup plus élevé, puisque la majorité de ces abonnements est souscrite par des bibliothèques publiques ou des centres de recherche. Toutefois, le caractère généraliste de la RHLF, le haut niveau d’érudition des articles qu’elle présente, les « prérequis » importants et variés que sa lecture suppose restreignent inévitablement le nombre de ses lecteurs potentiels dans le monde d’aujourd’hui, d’autant plus qu’elle n’est accessible qu’à des lecteurs qui maîtrisent parfaitement le français. Il faut donc s’étonner de la fidélité de ses abonnés, qui se réabonnent à plus de 90 %, et de l’importance de son audience au-delà de nos frontières ; les trois-quarts des lecteurs vivent hors de France. Les bases de cette fidélité sont la parfaite régularité de la parution et l’excellence du contenu.
Tout article de la RHLF doit comporter un apport neuf objectif, il doit tenir compte de toutes les connaissances acquises, il doit être écrit de façon à être compris par les lecteurs spécialistes d’autres auteurs, d’autres époques, d’autres méthodes critiques. Ce qui justifie l’existence d’une revue, d’une société comme la nôtre, alors qu’il existe tant de revues et de sociétés savantes spécialisées, c’est la conviction que la littérature française est à bien des égards une, et que l’on ne peut travailler en profondeur sur un texte sans être informé, au moins pour l’essentiel, de ce que révèle la recherche en amont et en aval, ou des pratiques des chercheurs qui travaillent sur d’autres époques. Cette exigence, si difficile, reconnaissons-le, à tenir, doit rester ou devenir celle d’une élite de chercheurs et de critiques.